Bruxelles veut sa prime à l'emploi face à la Flandre et à la Wallonie
Un salarié de Bruxelles risque de gagner jusqu'à 600 euros de moins par an qu'un résident de Flandre ou de Wallonie pour le même job. Une ordonnance est sur la table pour combler l'écart.
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Un salarié domicilié à Bruxelles pourrait bientôt percevoir jusqu'à 600 euros de moins par an qu'un collègue habitant Dilbeek ou Wavre, pour le même emploi au même salaire. La raison est régionale. La Flandre verse un jobbonus depuis 2022 et la Wallonie a annoncé le sien en octobre. Bruxelles reste pour l'instant sans prime à l'emploi.
Le député bruxellois Bernard Clerfayt (Défi), ancien ministre régional de l'Emploi, a déposé une proposition d'ordonnance pour combler ce vide. Il s'appuie largement sur le modèle flamand. Le texte doit encore passer devant le Parlement bruxellois.
Ce que prévoit la proposition
La prime serait de 600 euros par an maximum pour un salarié à temps plein rémunéré au salaire minimum. Le montant baisse ensuite progressivement. Il tombe à zéro au-delà de 3700 euros brut par mois, ce qui correspond à 85 pour cent du salaire brut médian.
Selon Défi, entre 180 000 et 220 000 Bruxellois pourraient en bénéficier. La prime serait versée automatiquement. Elle serait exonérée d'impôt et neutralisée pour certaines aides sociales, comme le logement social ou les allocations familiales. Le coût est chiffré entre 50 et 70 millions d'euros par an.
Les Régions voisines ont déjà tranché
La Flandre applique son jobbonus depuis 2022. La prime y atteint près de 700 euros par an pour les revenus les plus bas, avec un plafond d'accès de 3000 euros brut par mois. Le système est exonéré d'impôt au niveau fédéral.
La Wallonie a annoncé sa propre version le 12 octobre, dans sa trajectoire budgétaire. Le montant ira de 500 euros pour les revenus les plus modestes à 50 euros pour 5000 euros brut. La Région consacre 205 millions d'euros au dispositif et prévoit un premier versement en 2028. Environ 900 000 travailleurs domiciliés en Wallonie sont concernés.
Un signal pour les salariés mobiles
Pour les travailleurs francophones, l'enjeu est concret. Beaucoup vivent d'un côté de la frontière linguistique et travaillent de l'autre. Sans prime bruxelloise, la rémunération nette annuelle dépendrait du domicile et non du poste.
Le gouvernement bruxellois n'a pas encore choisi. Le ministre de l'Emploi Benjamin Hublet privilégie d'autres leviers. Il cite un avantage fiscal régional pour les Bruxellois éloignés de l'emploi recrutés dans les zones d'accélération économique, et une nouvelle aide à l'embauche dès 2027. Bernard Clerfayt conteste ces choix. Il rappelle que la majorité consacre environ 58 millions d'euros à une baisse de l'impôt des personnes physiques, un montant équivalent à son projet.
Ce qu'il faut suivre
Le débat au Parlement bruxellois dira si l'ordonnance avance. La Région est en déficit et chaque mesure se discute en millions. Le calendrier wallon montre aussi qu'un vote n'équivaut pas à un versement. La Wallonie a décidé en 2026 mais les travailleurs toucheront la prime en 2028.
Les salariés frontaliers de Bruxelles, de la périphérie flamande et du Brabant wallon ont intérêt à suivre la date effective. C'est elle qui déterminera le net annuel réel, selon l'adresse figurant sur leur contrat de bail.
Sources