Belgique : 137 000 chômeurs en fin de droit, le patronat exige un accompagnement
La réforme belge du chômage a privé 137 000 personnes de leurs allocations depuis janvier. Le patronat demande une coordination des services de l'emploi et des formations adaptées aux besoins des entreprises.
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Le nombre de chômeurs complets indemnisés continue de chuter en Belgique. Selon les données de septembre de l'Office national de l'emploi, le pays compte près de 180 000 chômeurs complets indemnisés. C'est environ 110 000 de moins qu'en septembre 2025, soit une baisse de 38,1 % en un an.
Cette baisse spectaculaire ne traduit pas un retour massif à l'emploi. L'Onem le rappelle lui-même. Elle est surtout l'effet de la réforme du chômage, dont les premiers cas de fin de droit sont survenus à partir de janvier 2026. En Wallonie, la demande d'emploi reste stable malgré la chute des indemnités.
Ce que change la réforme
Depuis le 1er mars, le versement des allocations de chômage est limité à deux ans maximum. Les allocations d'insertion sont limitées à un an et le stage d'insertion à six mois. Depuis juillet, les chômeurs en première période d'indemnisation ayant moins de cinq ans d'expérience perdent aussi leurs allocations.
En 2026, 137 000 personnes sont déjà arrivées en fin de droit. La baisse frappe surtout Bruxelles, avec -50,5 % de chômeurs indemnisés. La Wallonie suit à -45 % et la Flandre est plus épargnée à -22,8 %.
La Cour constitutionnelle a confirmé l'essentiel de la réforme le 10 septembre. Elle a toutefois annulé une partie du régime transitoire. L'Onem estime qu'environ 88 000 personnes ont perdu leur droit trop tôt au cours des six premiers mois de l'année. Parmi elles, 40 500 doivent encore récupérer une allocation complète.
Le patronat veut de l'accompagnement
Samedi 31 octobre, les organisations patronales FEB, Voka, Beci, AKT et AVED-IHK ont réclamé une nouvelle approche en matière d'emploi. Leur argument : la limitation des allocations dans le temps doit servir d'abord à activer les gens vers le travail, pas seulement à faire des économies budgétaires.
Le CEO de la FEB, Pieter Timmermans, appelle les pouvoirs publics à accompagner les personnes concernées vers le marché du travail autant que possible. Le patronat propose une plateforme commune aux services de l'emploi des trois régions et à la communauté germanophone. Actiris, le Forem et le VDAB y partageraient leurs données avec l'Onem et les institutions fédérales.
Le patronat demande aussi des formations mieux adaptées aux besoins réels des entreprises et des parcours accélérés. Sur l'ensemble des exclus du chômage, environ 40 % perçoivent aujourd'hui un revenu d'intégration d'un CPAS. Entre 10 et 15 % ont retrouvé un emploi et 7 à 9 % se sont déclarés en incapacité de travail.
Le poids sur les CPAS
Les exclus du chômage se reportent massivement sur l'aide sociale. Depuis avril, la Belgique compte plus de 200 000 bénéficiaires du revenu d'intégration. C'est plus que le nombre de chômeurs indemnisés, une première dans l'histoire du pays. Plus de 57 000 personnes supplémentaires ont obtenu ce revenu depuis janvier, contre environ un tiers attendu par le ministre fédéral de l'Emploi David Clarinval.
Le fédéral prévoit 300 millions d'euros par an en plus pour les CPAS. Le comité de monitoring estime qu'il faudrait 605 millions pour couvrir l'augmentation du personnel et l'accompagnement vers l'emploi.
La FGTB dénonce de son côté des tracasseries administratives. Pour régulariser les 88 000 personnes exclues trop vite, le ministre exige des cartes de contrôle pour les mois concernés. Le syndicat craint des erreurs et des pertes de droits pour un public vulnérable. Il plaide pour une régularisation sur la base des informations déjà disponibles. Clarinval maintient que ces démarches sont habituelles.
Ce qu'il faut surveiller
Pour les demandeurs d'emploi en Belgique, le message est clair. Les allocations ne durent plus indéfiniment et le temps compte. Les formations proposées par le Forem, Actiris ou le VDAB deviennent un réflexe utile dès le début d'une période de chômage.
Côté entreprises, la question posée par le patronat va rester d'actualité. Si les formations ne suivent pas, la fin des allocations déplace surtout le coût vers les CPAS sans résoudre la pénurie de main-d'œuvre. Les prochains chiffres de l'Onem et le suivi du budget des CPAS diront si la réforme crée vraiment des emplois.
Sources